Analyse sur la corruption et ses causes structurelles et conjoncturelles au Burundi

jeudi 3 septembre 2026,par Jean-Bosco Nzosaba

Cette analyse part d’un constat simple : au Burundi, la corruption est à la fois structurelle et conjoncturelle. Elle explose entre autres à 5 moments précis : lors du cycle électoral, à la reprise de l’aide, pendant les pénuries, dans l’inachèvement de la digitalisation, et dans l’opacité des marchés publics en gré à gré. Dans ces 5 "fenêtres", l’urgence, l’opacité et la concentration du pouvoir se combinent pour faire de la corruption le mode de fonctionnement le plus rapide, et le plus rentable. Face à cela, l’État a fait un pas important avec l’adoption de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption 2026-2030 en décembre 2025. Ses 6 piliers posent le bon diagnostic : il faut passer de la répression à la prévention, de l’omerta à la responsabilité, du clientélisme à la redevabilité.

La restauration de l’Ubuntu, le renforcement du cadre légal, l’éradication de l’impunité et la digitalisation sont des réponses pertinentes. Mais comme l’ont souligné l’OLUCOME et PARCEM, et comme le montre l’analyse critique, une stratégie n’est pas une réforme. Le sort des plans de 2011 et 2018 est illustratif à ce sujet. Le classement du Burundi à 167ᵉ/182 à l’IPC 2025 et le score de -1,6 au WGI rappellent que sans mise en œuvre, le meilleur texte rejoint les archives. Le véritable enjeu n’est donc plus de savoir quoi faire. L’enjeu est de savoir par quoi commencer, et comment. C’est l’objet de ce plaidoyer : décliner la SNLCC en 10 actes prioritaires, techniques, à coût quasi nul et à fort impact, pour fermer les 5 fenêtres conjoncturelles.

Digitaliser pour tracer. Publier pour contrôler. Dépolitiser pour responsabiliser. Ces 10 actes ne résoudront pas tous les problèmes du Burundi. Mais ils enverront 3 signaux forts :
Aux citoyens

 : Que l’Etat peut rendre un service sans demander de "facilitation". Aux PTF : Que l’aide sera tracée et servira la population.
Aux élites : Que l’impunité et le gré à gré sont des pratiques nuisibles au bien commun.
Le Burundi a deux options :
-  Option 1 : La continuité. Laisser la SNLCC suivre le sort des précédentes. Continuer à subir la corruption d’opportunité à chaque élection, à chaque crise, à chaque projet. Le coût sera la poursuite de la dégradation, la perte de confiance, et le départ de l’aide.
-  Option 2 : La rupture par le concret. Décider que la SNLCC produise les effets escomptés.

 

 

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