Vers la mise en place du Forum national des femmes

lundi 25 février 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Un Forum national des femmes du Burundi (FNF) sera mis en place le 8 mars 2013 à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme, selon les prévisions. Des élections des membres de ce forum au niveau des collines sont prévues le 25 février. Les femmes élues au niveau collinaire vont élire leurs représentantes au niveau communal le 27 février. Ces dernières choisiront leurs représentantes au niveau des provinces le 1er mars prochain. Ce sont les cinq premières au niveau provincial qui dirigeront le forum au niveau national, selon la directrice générale de la promotion de la femme et de l’égalité des genres, Mme Estella Cimpaye. Réagissant aux propos selon lesquels, ce processus de mise en place du forum national des femmes est précipité, Mme Cimpaye dit que ces élections étaient au départ prévues le 22 février et qu’elles ont été reportées au 25 février afin d’avoir tout le temps de fournir des explications aux associations et de permettre aux gens qui n’ont pas eu le temps de se faire enregistrer de le faire. Elle fait remarquer que même les associations féminines qui avaient émis des inquiétudes sur notamment le calendrier trop serré et la sous représentation des organisations féminines de la société civile dans ce processus ont par après sorti une déclaration invitant les femmes à aller se faire élire et à élire. « Depuis le mois de septembre 2012, nous avions déjà commencé à sensibiliser, à réfléchir au niveau interne, avec les différentes organisations de la société civile, avec différentes communautés comme la communauté batwa sur la mise en place de ce forum », a souligné Mme Cimpaye. D’après elle, les descentes qui ont été organisées à partir de cette semaine s’inscrivent dans la période préélectorale de propagande destinée à mobiliser et à rappeler les femmes à aller voter et à se faire élire, sinon la sensibilisation a commencé au mois d’octobre 2012. « Depuis que le décret régissant le Forum national des femmes a été signé, les sensibilisations ont commencé dans les différents milieux au niveau de la population à la base. Quand on faisait des sensibilisations sur la résolution 1325, on parlait chaque fois aux femmes du Forum national des femmes. Dans cette période préélectorale, on rassemble les leaders et les représentants des associations de la société civile, les représentants de l’administration locale, les représentants des confessions religieuses afin qu’ils mobilisent les femmes à aller élire et à se faire élire. A leur tour, ils vont dans les communautés pour leur rappeler les dates des élections », ajoute-t-elle. Pour Mme Cimpaye, l’organe qui sera mis en place à l’issue de ces élections sera efficace puisque c’est un processus qui a été préparé et c’est participatif. A la question de savoir si ce forum ne risque pas d’être un organe étatique ou du parti au pouvoir, Mme Cimpaye affirme que ça sera plutôt le fruit des élections de la base au sommet qui rassemble les différentes couches sociales des femmes burundaises. A propos de l’observation, des membres des associations et des confessions religieuses se sont fait inscrire dans les provinces en qualité d’observateur, note-elle. Les organisations féminines CAFOB (Collectif des associations et ONGs féminines du Burundi), Dushirehamwe, SPPDF (Synergie des partenaires pour la promotion des droits des femmes) et Réseau femmes et paix (RFP) avaient adressé la semaine dernière une correspondance au ministre de la Solidarité nationale, des Droits de la personne humaine et du Genre pour lui exprimer leurs inquiétudes à propos notamment du calendrier trop serré et de la sous-représentassions des organisations féminines de la société civile les plus représentatives dans le comité technique électoral. Les quatre organisations plaidaient pour que le calendrier de mise en place du Forum national des femmes soit étendu sur une période minimale de trois mois, afin d’avoir le temps suffisant pour l’information et la sensibilisation des femmes de toutes les couches sociales à se faire élire et à élire. Elles réclamaient en outre une représentation de 50% des organisations féminines de la société civile les plus représentatives dans le comité technique électoral. Pour la représentante légale du CAFOB, Mme Anatolie Ndayishimiye, « le processus de mise en place de ce forum est précipité alors qu’il est d’une importance capitale pour les femmes burundaises. Par conséquent, l’organe qui sera mis en place ne sera pas efficace ». Les organisations féminines et les femmes burundaises ont depuis longtemps émis le souhait d’avoir un Forum national des femmes où elles peuvent exprimer leurs préoccupations. Elles s’attendaient à ce que le ministère tienne compte de leurs préoccupations sur la manière de mettre en place ce forum afin que ce soit un organe réellement représentatif et capable de faire avancer les droits des femmes, a précisé Mme Ndayishimiye. Mais comme malgré les craintes formulées, le processus de mise en place du FNF a continué, ces organisations féminines ne pouvaient pas dire non. Elles ont appelé, par la voie des ondes, tous leurs membres et non membres à aller élire et se faire élire pour que les femmes leaders qui pourront être informées dans cette courte période puissent élire et se faire élire. La représentante légale de Dushirehamwe, Mme Joséphine Ntahomvukiye estime elle aussi que le FNF est une institution très importante pour les femmes burundaises. Elle déplore le fait que le ministère n’a pas considéré leurs inquiétudes, pourtant fondées, parce que beaucoup de femmes ne pourront pas participer à ce processus parce qu’elles ne seront pas informées. De plus, même les autres intervenants qui pouvaient contribuer dans le travail d’information et de sensibilisation, tels que la société civile, l’administration, les églises ne sont pas eux-mêmes informés. Elle a des doutes sur l’efficacité du forum surtout qu’il y aura beaucoup de femmes capables qui ne pourront pas se faire élire. « Toutes les femmes avec lesquelles nous entrons en contact nous disent qu’elles ne savent rien de ce processus », a affirmé Mme Ntahomvukiye, en précisant qu’elle n’avait jamais vu des élections nationales qui se préparent et se tiennent sur une période de dix jours.

 

 

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