Francophonie/Kinshasa 2012 : Exposé de S.E. Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi

mercredi 17 octobre 2012,par Jean Bosco Nzosaba

Excellence Monsieur le Président de la République Démocratique du Congo, Excellences Mesdames Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Excellence Monsieur le Secrétaire Général de la Francophonie, Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégation, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,

Gloire soit rendue à Dieu Tout Puissant pour avoir permis cette instance. Qu’il me soit permis, au nom du Gouvernement du Burundi et en mon nom propre, de saluer chaleureusement cette auguste Assemblée de la Communauté francophone ici réunie au plus haut sommet. Mes remerciements vont au Gouvernement et au peuple congolais pour l’accueil légendaire et chaleureux qui nous a été réservé. Qu’il me soit également permis de vous déclarer notre immense joie de participer à cet important Sommet pour témoigner, une fois de plus, de notre ferme engagement pour le développement de la Francophonie. A travers différentes manifestations, le Burundi joue pleinement son rôle de membre de la Communauté à part entière. Un exemple récent : au mois de juin dernier, s’est tenu à Bujumbura un colloque régional sur le thème « Langue française, intégration et ouverture ». Cet évènement a donné lieu à de nombreux et fructueux échanges autour de cette langue que nous avons en partage. A travers cette activité, le Burundi tenait à marquer avec force son attachement à la langue française et exprimer sa volonté de participer au dynamisme de la Francophonie. C’est aussi la raison pour laquelle Nous avons répondu avec plaisir à ce rendez-vous de Kinshasa et à l’invitation du Président Abdou DIOUF pour introduire ce débat sur le thème « Langue française, diversité culturelle et éducation ». Nous tenons à lui adresser nos chaleureux remerciements pour l’intérêt que la Francophonie porte à l’endroit de notre pays, le Burundi. Nous voudrions profiter de cette occasion pour évoquer brièvement la place du Français dans l’éducation au Burundi et ses rapports avec l’identité culturelle et linguistique burundaise. En effet, nous sommes convaincus que la situation de la langue française dans notre pays est représentative des défis que connaissent un grand nombre de membres notre Organisation. Excellences Mesdames Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, La langue française occupe une place de premier choix dans le système éducatif burundais et à tous les échelons. Pourtant, le Kirundi est la langue nationale parlée sur tout le territoire, faisant ainsi du Burundi un Etat-Nation au sens plein du terme. A l’école, nos jeunes burundaises et burundais sont confrontés très tôt au multilinguisme. Ceci devient une réalité avec laquelle ils grandissent et s’épanouissent. Nous avons instauré, à travers le Ministère qui a l’enseignement de base dans ses attributions, l’obligation pour les écoliers de suivre des cours de kirundi et de français mais également de swahili et d’anglais. Les jeunes burundaises et burundais ont donc pour eux le kirundi, comme langue maternelle, le français comme langue d’enseignement, l’anglais et le swahili, enfin, qui sont des langues de communication incontournables au niveau régional et international. La cohabitation de plusieurs langues est une chance formidable pour les élèves burundais : Leur langue maternelle si riche en tant que véhicule de l’identité culturelle leur donne l’ancrage indispensable dans les traditions et les valeurs burundaises, indispensables pour continuer à bâtir une société unie et solidaire, intègre et pleine d’espoir. Avec le multilinguisme, les élèves disposent de l’ouverture sur l’Afrique et sur le monde, ils disposent d’une culture de dialogue entre les peuples et les civilisations. Nous prenons chaque jour la mesure de cette chance, cette opportunité historique. Dès lors, l’école devient le lieu où ce multilinguisme et cette rencontre de cultures prennent racine chez nos jeunes générations, leur inculquant les bonnes attitudes de tolérance, d’acceptation et de compréhension mutuelles entre les peuples. C’est une des raisons pour lesquelles nous y apportons une attention particulière. Excellences Mesdames Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, Nous sommes fiers de pouvoir dire aujourd’hui que le Burundi est pressenti pour accéder, d’ici 2015, au deuxième Objectif du Millénaire pour le Développement, c’est-à-dire donner à tous les enfants la possibilité d’achever un cycle complet d’études primaires. Nous y avons consacré beaucoup d’efforts en privilégiant la gratuité de l’accès à l’enseignement primaire et l’édification de milliers d’écoles tant primaires que secondaires. Le problème de l’accès à l’enseignement est désormais presque résolu au Burundi. Mais le défi est aussi celui de l’assurance - qualité dès lors que l’éducation est mise à la portée du plus grand nombre. Nous nous y attelons et la situation s’est améliorée. Les partenaires tant bilatéraux que multilatéraux nous accompagnent sur le chemin de l’éducation pour tous et leur appui nous est précieux. Mais il incombe à l’Etat, au Ministère en charge de l’éducation tout particulièrement, de s’approprier toujours davantage la multitude des projets mis en œuvre sur le terrain afin de leur donner la coordination indispensable à des réussites pérennes. Ces développements dans le secteur de l’éducation au Burundi permettent à la famille francophone de s’élargir en se rajeunissant. Nous voudrions, pour illustrer Notre propos, évoquer un bel exemple de partenariat entre le Burundi et la Francophonie pour l’amélioration de la qualité de l’éducation. L’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), a permis de dispenser une formation continue pour 2400 enseignants du primaire, en poste dans des zones parfois éloignées des centres urbains, afin d’améliorer leurs compétences linguistiques et pédagogiques. Les performances de l’IFADEM reposent sur l’utilisation d’un matériel didactique puisé dans l’environnement culturel de chaque enfant. Cette réussite a été rendue possible par le partenariat très fort instauré entre la coopération multilatérale incarnée par l’Organisation Internationale de la Francophonie et par la mobilisation et la mise en valeur de l’expertise nationale et des ressources locales. Le modèle développé par cette initiative innovante présente dans plusieurs autres pays, y compris la République Démocratique du Congo, tire sa réussite de sa capacité à s’appuyer sur les institutions gouvernementales, renforcées par une attention constante portée au transfert de compétences. Les défis de l’éducation dans les pays d’Afrique francophone sont nombreux et de taille, mais nous savons qu’ils ne sont pas insurmontables. Avec la langue française que nous avons en partage, nos systèmes éducatifs disposent d’un espace décuplé de dialogue et d’échange. L’Organisation Internationale de la Francophonie dispose de cadres de partenariat privilégiés et efficaces comme la Conférence des Ministres de l’Education des pays ayant le Français en partage (CONFEMEN). Il faudrait également redynamiser le Centre d’Etudes des Langues (CELAB) dans sa vocation régionale de centre d’échange culturel et de formation. Il convient d’en prendre la mesure et d’en tirer le meilleur, car ce n’est que dans la solidarité que nous arriverons à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, à assurer à nos jeunes générations un avenir meilleur, de culture, de paix et de prospérité partagée. Excellences Mesdames Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, Nous ne saurions terminer notre propos sans rappeler que le Burundi organise une conférence Internationale des Partenaires à son développement, les 29 et 30 octobre à Genève, rendez-vous autour duquel sera mis en exergue tout le volet Education tel que décrit dans le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté. Nous formulons le vœu que l’OIF apporte un message de soutien fort à cette occasion. Que vive l’amitié entre les peuples ! Que vive la coopération internationale ! Que vive la Francophonie ! Que Dieu vous bénisse ! Je vous remercie.

 

 

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