nzosaba jean bosco

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Alors que des centaines de réfugiés burundais arrivent chaque semaine dans les pays voisins, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi les gouvernements hôtes à accorder fournir plus de place pour pouvoir les accueillir.

Le nombre de personnes fuyant le Burundi a augmenté au cours des premières semaines de l'année 2017, mettant sous pression les pays d'accueil, en particulier la Tanzanie, le Rwanda et la République démocratique du Congo. [Photo : Camp de réfugiés burundais en Tanzanie]

"La majorité des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes ayant des besoins spécifiques", a précisé le porte-parole du HCR, William Spindler, lors d'un point de presse à Genève.

Depuis avril 2015, plus de 386.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays voisins et le HCR estime que ce chiffre devrait dépasser les 500.000 en 2017. Actuellement, la Tanzanie accueille 222.271 réfugiés burundais, le Rwanda 84.866 et la RDC 32.650.

Selon le HCR, si davantage de terraines ne sont pas allouées pour accroître la capacité de ces camps, il sera difficile de fournir suffisamment d'abris et de services d'assistance aux réfugiés. Les installations dans les camps doivent également être améliorées.

Les difficultés rencontrées sont causées par le surpeuplement dans les camps existants, notamment en ce qui concerne l'accès aux services sociaux de base, la protection de l'enfance, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, l'insuffisance des salles de classe, la prévention de l'absentéisme, l'aide aux personnes ayant des besoins spécifiques.

"Nous travaillons avec les gouvernements hôtes pour aborder la question foncière et sommes impressionnés par leur engagement, ainsi que par leur générosité, mais il faut agir davantage pour éviter un glissement dangereux en matière de normes et de conditions", a souligné M Spindler.


Célébration du 26eme anniversaire de l’unité des Burundais

 

Les Burundais célèbrent depuis 1991 le 5 février de chaque année l'adoption de la Charte de l'unité nationale et le thème de cette année est "Consolidons l'Unité nationale, source intarissable de paix et de développement durables", comme l'a annoncé le chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza, dans son discours à la Nation prononcée la veille de l'évènement.

"Vingt six ans viennent de s'écouler depuis que les Burundais se sont engagés à renouer avec l'Unité. Ils ont ainsi décidé d'éviter tout ce qui pourrait les dresser les uns contre les autres et de combattre toute idéologie divisionniste et quiconque susceptible de les embarquer sur le train des divisions ethniques, régionales, religieuses et autres ...", a déclaré le président burundais.

Il a fait savoir aux Burundais que l'objectif principal de cette journée festive est de faire un examen de conscience, de revisiter leur passé et débattre sur tous les obstacles qui ont mis à mal leur unité surtout à partir de l'invasion du Burundi par ceux qu'il a appelés "les forces impérialistes".

Selon lui, l'organisation socio-économique du Burundi d'avant la colonisation faisait que chaque famille ait des responsabilités au sein de la société dans un contexte de complémentarité interfamiliales et les considérations socio-économiques du Burundi pré-colonial s'articulaient autour du clan.

Il a alors invité les Burundais à restaurer le système des clans laissé par leurs ancêtres, compte tenu de "l'importance du rôle joué par les clans dans la consolidation de l'unité nationale et de l'impact négatif que leur dislocation a eu sur la société burundaise, où certains se sont désintéressés de leurs castes d'origine et ont perdu le sens de l'entraide et de la solidarité".

Le président burundais a reconnu que 26 ans après l'adoption de la Charte, l'unité des Burundais n'est pas un chantier terminé ou bien un sentier battu.

En effet, a-t-il dit, "l'unité, la concorde et l'entraide qui ont caractérisé le peuple burundais doivent être enseignées à toutes les générations et doivent faire objet d'échange et de conversation toujours et en tous lieux".

Il a enfin recommandé à tout Burundais à bannir toute parole et tout comportement divisionniste, rappelant que l'unité nationale doit être considérée comme la strophe et le refrain dans la vie de tous les jours


Vers la restructuration de la REGIDESO

 

Un programme de réformes de la REGIDESO (Régie de production et de distribution de l’eau et de l’électricité) sera mis en œuvre en 2017 pour une bonne performance de cette société, a indiqué mardi le ministre de l’Energie et des Mines, M. Côme Manirakiza, lors de la présentation du bilan annuel 2016 dudit ministère.

Les indicateurs de performance laissent à désirer. Le ministre déplore le fait que la REGIDESO manque encore de plan d’affaires, de plan pluriannuel et annuel, de manuels de procédures et de fiches de fonction à jour, exigés par le cadre règlementaire.

 


Mouvement de grève à l’ETMMI de Bukeye

 

Les élèves du Lycée Technique, Monseigneur Michel Ntuyahaga (ETMMI) de Bukeye en province de Muramvya (centre-ouest) ont organisé lundi matin un mouvement de grève pour manifester contre le non-respect du règlement scolaire et la hausse du minerval de 19 650 FBu à 26000 FBu par trimestre, a-t-on constaté sur place.

 

Ils se sont levés très tôt pour prendre la route Bukeye-Muramvya avec l’objectif de porter leurs plaintes à la Direction provinciale de l’enseignement en province Muramvya. Arrivés à près de 2 km, ils ont été interceptés par la police et mobilisés à quelques encablures du chef-lieu de la province.

 

C’est là que le gouverneur de la province de Muramvya accompagné du Directeur provincial de l’enseignement, du Commissaire provincial de la Police, du Directeur communal de l’enseignement et du Directeur de l’établissement les ont rencontrés.

 

Le gouverneur Emmanuel Niyungeko leur a reproché de s’être donné le droit de manifester sans préavis et qu’ils ne peuvent pas être écoutés pendant qu’ils étaient dans la rue. Il a saisi de cette occasion pour recommander à ces grévistes de retourner à l’école sans conditions. C’est ainsi qu’ils ont rebroussé chemin en direction de l’école.

La Direction provinciale de l’enseignement à Muramvya a indiqué que le ministère de l’Education nationale reconnait que le minerval des élèves internes équivaut à 26 000 FBu par an y compris les 2 000 FBu de livres et de laboratoire.

 


Des détenus burundais rapatriés de la RDC

En RDC, voilà une semaine que les autorités parlent de renvoyer 186 ressortissants burundais, en prison au Congo depuis plus d'un an pour certains d'entre eux, dans leur pays d'origine.

Après avoir reporté l'opération à deux reprises, lundi, le gouverneur du Sud-Kivu a confirmé la tenue, dans un premier temps, d'une réunion de travail sur la question de ces prisonniers.

Selon les autorités du Sud-Kivu, des représentants de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), mais aussi des membres la mission de l'ONU au Congo (Monusco), du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) doivent se pencher aujourd'hui sur le possible renvoi au Burundi de ces 186 ressortissants détenus au Congo depuis un an.

Après avoir, dans un premier temps, confirmé leur volonté de les expulser rapidement, lundi, le gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo, s'est voulu plus rassurant : « Le mécanisme, c’est de travailler avec les autorités burundaises pour le retour éventuel de ceux qui veulent partir de manière volontaire. La base du volontariat pour le rapatriement, c’est on ne peut plus clair. Tout sera fait dans la transparence, dans les règles de l’art, en respectant les conventions que tous les pays concernés ont signées avec la communauté internationale ».

Accusés d'être entrés illégalement sur le territoire congolais, d'autres sources, militaires cette fois, affirment qu'il s'agit de rebelles burundais infiltrés par le Rwanda pour mener des actions contre Bujumbura. Quoi qu'il en soit, cette possible expulsion inquiète les défenseurs des droits de l’homme qui estiment que ces présumés rebelles pourraient être maltraités ou même tués dans leur pays d’origine.


Le commissaire en charge de la paix et de la sécurité au sein de la Commission de l'Union Africaine (CPS/UA), Ismaïl Chergui (photo, centre), est arrivé à l'aéroport international de Bujumbura mercredi après-midi pour une visite de travail de deux jours au Burundi.

La visite du commissaire Chergui au Burundi intervient au moment où la présidence burundaise vient d'ordonner au MRECI d'enclencher le processus de retrait des troupes burundaises déployés en Somalie dans le cadre de la Mission de l'Union Africaine en Somalie (AMISOM).

Le commissaire Chergui n'a pas fait de déclaration à son arrivée sur l'objet de sa visite comme le programme provisoire de son déplacement à Bujumbura, l'avait prévu.

"Aucun motif officiel n'est spécifié sur l'agenda de cette visite même si un observateur avisé de la scène diplomatique burundaise, peut tenter de le deviner", s'est contenté d'indiquer à Xinhua sous couvert d'anonymat un haut cadre diplomatique relvant du service du protocole du ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale (MRECI).

Selon cette source, ce délégué de l'UA prévoit, au cours de son séjour burundais, des entretiens avec les plus hautes autorités burundaises dont le président Pierre Nkurunziza.

Créée par le Conseil pour la Paix et la Sécurité de l'Union Africaine (CPS/UA) le 19 janvier 2007 avec l'aval de l'Organisation des Nations Unies(ONU) à la suite de la guerre civile somalienne, l'AMISOM comptait, début 2016, 22.000 soldats ressortissants de quatre pays contributeurs africains, à savoir l'Ouganda (6000), le Burundi (5400), l'Ethiopie (4400) et le Kenya (3600), en charge de combattre le groupe terroriste somalien connu sous le vocable d'Al-Shabbaab.

Le gouvernement burundais a fixé le 6 janvier 2017 à la CSP/UA comme date butoir de paiement des arriérées de toutes indemnités dues à ses militaires déployées en Somalie dans le cadre de la participation burundaise aux opérations militaires de l'AMISOM faute de quoi il a brandi la menace de retrait de ses soldats.

Les arriérés des indemnités des soldats burundais déployés en Somalie dans le cadre de l'AMISOM, se comptent déjà 11 mois d'impayés à cause d'un "contentieux" survenu en 2016 entre le gouvernement burundais et l'Union Européenne(UE) financière des troupes contributrices.

Au deuxième semestre 2016, l'UE a décidé de durcir les sanctions financières contre le gouvernement burundais, en annonçant sa volonté de "payer directement" aux soldats burundais déployés dans le cadre de l'AMISOM leurs indemnités, sans que celles-ci poursuivent leur transit sur les comptes de l'Etat burundais, en empruntant les créneaux de la Banque de la République du Burundi (BRB).

Le gouvernement burundais a réagi en fustigeant cette décision de l'UE, en invoquant la nécessité de protéger sa souveraineté et le maintien intégral de son autorité sur ses troupes déployés en Somalie.

Le 15 juillet 2011, l'UA et le gouvernement burundais ont conclu un mémorandum d'entente dans le cadre du partenariat en ce qui concernant les relations les liant au niveau de l'AMISOM ; lequel mémorandum prévoit la possibilité du retrait "définitif de ses troupes en cas de violation des clauses de ce pacte par l'une des parties prenantes.

La présidence burundaise souhaite que le MRECI réfléchisse sur les modalités pratiques de retrait de ces troupes avant les assises du prochain sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de l'UA, prévu à Addis-Abeba(Ethiopie) les 30 et 31 janvier 2017, ainsi que de veiller à ce que cette tribune africaine en soit largement informée.

En novembre dernier, l'UA avait rejeté "fermement" la décision de l'UE de suspendre le paiement des salaires des soldats burundais déployés en Somalie dans le cadre de l'AMISOM, sans écarter "les lourdes et négatives conséquences de la décision européenne sur les opérations de l'AMISOM et sur les avancées sécuritaires déjà acquises" en Somalie. 

 


Le 2ème vice président de la République du Burundi, M. Joseph Butore a réuni ce jeudi 11 février 2016 les différents intervenants dans le domaine des minerais en vu d’être éclairé sur les causes des diminutions des rentrées des revenus provenant de l’exploitation des minerais, a-t-on constaté sur place dans une salle de la deuxième-vice présidence de la République.

Alors que l’Etat a tout fait pour réformer le secteur des mines en mettant en avant la bonne gouvernance et la transparence en ce qui concerne l’exploitation et la commercialisation des minerais en mettant même en place le code minier pour réglementer le secteur minier, le 2ème vice président s’étonne que les rentrées vont en décroissant.

Les chiffres qui montrent comment les minerais sont commercialisés ces dernières années vont en décroissant. Prenant l’exemple de l’or, il a montré qu’en 2013, 2823 kg d’or ont été exportés d’après les chiffres à la disposition de l’Etat. En 20014, ils étaient 649,72 kg et en 2015, 411 kg ont été exportés, cela étonne car l’Etat avait tout fait ces dernières années pour réformer ce secteur minier comme prévu dans la vision 2025.

Prenant l’exemple de 2012, Joseph Butore a indiqué que les chiffres montrent que le secteur minier a généré 1.700.000 dollars américains alors que les chiffres de 2015 montrent seulement 900.000 dollars américains, ce qui atteste que les rentrées vont en décroissant alors que les chercheurs disent que le Burundi est gorgé de minerais.

Il a mentionné qu’en République démocratique du Congo voisin du Burundi, il y a beaucoup de minerais. Le problème d’insécurité qui y régnait a poussé les autres pays de la sous région à se mettre ensemble et faire un accord sur l’exploitation des minerais dans la transparence. Le Burundi a alors mis en place des règlements permettant la mise en place de cet accord.

M. Butore a signalé que l’Etat a le droit d’avoir des dividendes provenant de ce secteur. C’est pour cela qu’il avait invité les représentants du ministère de l’Energie et des Mines à commencer par le ministre lui-même, le ministre des Finances, le premier-vice gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB), le commissaire général de l’Office burundais des recettes (OBR), le représentant des services aéroportuaires, les commerçants des minerais et d’autres.

Cette réunion a alors pour objectif de laisser tout le monde s’exprimer, et voir où réside le problème et trouver des solutions appropriées.

 


 

Le commissaire général de l’Office burundais des recettes (OBR), M. Domitien Ndihokubwayo, a animé ce mardi 9 février, à Bujumbura, une conférence de presse pour présenter le rapport des réalisations de l’année 2015 en général et celui du 4ème trimestre 2015 (octobre-décembre) en particulier.

Les recettes totales au cours de l’année 2015 n’ont pas été bonnes suite à la situation d’insécurité qu’a connue le pays, a indiqué M. Ndihokubwayo, précisant que seuls 590,6 milliards de francs burundais ont été collectés contre une prévision de 720 milliards de francs burundais.

Toutefois, l’OBR a enregistré des réalisations, a déclaré son commissaire général, citant entre autres le déploiement de ses agents aux ports de Dar-Es-Salam en République Unie de Tanzanie et à Mombasa au Kenya, ainsi que l’électrification du poste de Kobero à Muyinga (nord du pays). Ceci va permettre à la population environnante de s’approvisionner en électricité, a signalé M. Ndihokubwayo. Par ailleurs, a-t-il ajouté, il y a eu même des formations et recyclages pour le renforcement des capacités du personnel de l’OBR. Néanmoins, 11 employés de l’OBR ont été licenciés pour cause de corruption, a indiqué M. Ndihokubwayo, qui a en outre fait savoir que l’OBR reste confronté à l’absence du système informatique au niveau des postes intérieurs qui pourrait faciliter la communication entre ces derniers et la centrale.

Selon toujours M. Ndihokubwayo, l’OBR prévoit, comme perspectives pour l’année 2016, collecter 678 milliards de francs burundais, recruter 100 nouveaux employés supplémentaires et remplacer 30 employés dont certains ont été révoqués et d’autres promus ailleurs. Il va aussi construire son propre bâtiment qui servira de siège social, mettre en place une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption au sein de l’OBR, a indiqué M. Ndihokubwayo, ajoutant que l’OBR va continuer des rencontres avec les contribuables afin de les convaincre à déclarer et payer les impôts.

Selon le rapport, les recettes collectées durant la période d’octobre à décembre 2015 sont de 157,84 milliards de FBu, au moment où les exonérations douanières accordées au cours de cette même période s’élèvent à 14,70 milliards de FBu.

Egalement, continue le même rapport, dans l’objectif d’appliquer la tolérance zéro à la corruption et de lutter contre la fraude, un montant de 190.406.040 FBu a été recouvré grâce aux saisies faites par l’unité chargée de l’intervention rapide.

Notons que le gouvernement a octroyé à l’OBR une parcelle à Kigobe, mesurant 1,5 ha de superficie, sur laquelle sera érigé son siège social, a déclaré M. Ndihokubwayo.

 


Après le rejet de l’envoi des troupes au Burundi par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) tenu le weekend dernier à Addis-Abeba, le gouvernement du Burundi salue la décision de ne pas envoyer de telles troupes sans la demande ni le consentement du peuple burundais qui a jugé inopportun un tel déploiement, d’autant plus que les forces de défense et de sécurité burundaises assurent la sécurité de tout le territoire et de toute la population, et même au-delà des frontières burundaises, sur demande de la communauté internationale, indique un communiqué du gouvernement du Burundi.

Ce dernier salue par ailleurs la décision prise par l’UA d’envoyer une mission de haut niveau au Burundi. Une telle mission avait été pourtant demandée et à maintes reprises par le gouvernement du Burundi car, c’est la seule occasion de se rendre compte de la réalité politico-sécuritaire qui prévaut au Burundi, après avoir visité le pays et sa population. Le gouvernement fait savoir que « c’est par là que le conseil de paix et de sécurité de l’UA aurait dû commencer avant de prendre, sur base de rapports erronés et manipulés, la décision inappropriée d’envoyer la MAPROBU, une force qui ne pouvait savoir où se déployer et surtout entre quels belligérants, puisqu’il n’y en a pas ».

Le gouvernement du Burundi condamne par ailleurs « la persistance des opinions pour qui l’envoi de ces forces étrangères au Burundi reste une préoccupation principale et qui n’hésitent pas à recourir à des manœuvres malhonnêtes comme la production des rapports falsifiés et accablants, jusqu’à produire des images truquées dans le but d’influencer les décisions des hautes instances internationales ». « C’est le cas, d’après le gouvernement du Burundi, de la récente publication, par l’ONG Amnesty international, des images qui, selon elle, auraient été prises par satellite espion, des photos que l’ONG qualifie d’évidence de probables charniers au Burundi, deux jours seulement avant la tenue du sommet ».

Il condamne cette nouvelle tentative d’Amnesty international de « ternir encore une fois l’image du pays, et trouve que la diffusion de ses prétendues images-satellites montrant la terre ou le sable retournés, dans des régions essentiellement agricoles, ne constituent en aucune manière une preuve matérielle de l’existence de charniers au Burundi ». Le gouvernement du Burundi demande à Amnesty international de plutôt « orienter les projecteurs et braquer les caméras de ses satellites espions sur les camps de recrutement et d’entrainements militaires de réfugiés burundais au Rwanda voisin, des activités qui n’hésitent pas d’impliquer même des enfants soldats, ce qui, sous d’autres cieux, constitue un crime contre l’humanité et une violation grave du droit international humanitaire ».

Le gouvernement du Burundi a par ailleurs accueilli positivement la recommandation du sommet de poursuivre le dialogue inter burundais déjà lancé sous les auspices du président Ougandais Yoweri Kaguta Museveni. A cet effet, il voudrait rappeler « qu’il a toujours mis en avant le dialogue et qu’il n’attend que l’arrivée au Burundi d’une délégation ougandaise pour discuter des modalités pratique de sa poursuite afin de parvenir à des conclusions constructives ».

Le gouvernement du Burundi tient à rassurer, une fois de plus, la communauté tant nationale qu’internationale, « qu’il n’y aura pas de génocide au Burundi, et que le peuple burundais s’opposera par tous les moyens à tous ceux qui voudront imposer ce génocide par quelque voie que ce soit, comme prétexte pour installer un pouvoir qui n’aura pas été l’émanation de sa volonté par voie démocratique ».

 


 

 

L’envoyé spécial américain pour les Grands Lacs poursuit sa tournée dans la région. Après le Rwanda et l’est de la République démocratique du Congo, Tom Perriello est de passage à Kinshasa avant de se rendre au Burundi. Entretien.

RFI : Le président rwandais Paul Kagame est officiellement candidat. Votre pays s’est dit déçu de cette candidature mais le commentaire du département d’Etat semblait moins fort que ceux qu’on avait pu entendre avant cette annonce. Qu’en est-il ?

Tom Perriello : En fait, les Etats-Unis se sont dits « profondément déçus » et publiquement par sa décision de modifier la limite constitutionnelle du nombre de mandats, mais aussi de la manière dont le référendum constitutionnel a eu lieu juste avant Noël. Et si vous avez suivi le fil Twitter du président Kagame, vous aurez noté que ce message a retenu l’attention et a reçu une réponse. J’étais à Kigali ces derniers jours. Et nous prenons au sérieux les changements constitutionnels et des règles pour maintenir un homme au pouvoir. Mais aussi le problème de la restriction de l’espace politique.

RFI : Est-ce que vous considérez la possibilité d’imposer des sanctions ?

Nous avons beaucoup de discussions à Washington et dans la région sur les conséquences à tirer suite à des décisions dans la région relatives à la limite du nombre de mandats ou sur l’usage de la répression, et c’est également un sujet ici en RDC. Nous allons faire le tour des options pour régler cette situation comme nous allons continuer de féliciter ce pays pour les aspects positifs et notamment la contribution aux opérations de maintien de la paix et ses efforts dans la lutte contre l’extrême pauvreté. Nous avons en tout cas exprimé publiquement notre inquiétude à ce propos, comme à propos des informations crédibles faisant état de recrutement de combattants dans les camps de réfugiés, ce qui est évidemment interdit par les lois internationales.

RFI : Pour le M23, les Etats-Unis avaient décidé de prendre des sanctions pour protester contre le soutien à une rébellion étrangère. Quel devrait être, selon vous, la prochaine étape dans ce cas de figure ?

Le Rwanda est parfaitement au courant de la volonté du gouvernement américain d’imposer des mesures dans les situations similaires à celles du M23. Nous avons exprimé un certain nombre d’inquiétudes publiquement et en privé à propos de la crise au Burundi. J’ai moi-même rencontré certains des anciens enfants-soldats burundais arrêtés ici en RDC. Et nous allons continuer de garder l’œil sur cette situation et continuer de signaler à tous, amis comme ennemis, les activités qui n’aident pas à la résolution de la crise. Mais le plus important, c’est de parvenir à accélérer la reprise du dialogue voulu par la région. Nous sommes contents de voir un nouvel élan du côté de la communauté des Etats d’Afrique de l’Est et même un soutien du Rwanda pour ce processus, mais les nouvelles autorités en Tanzanie semblent sérieuses dans leur intention de tenir ces pourparlers. Parce que nous continuons de penser que la solution au Burundi, c’est de réunir les acteurs pour un dialogue crédible.

RFI : Avez-vous évoqué cette question du dialogue avec le président burundais ?

Je pars ensuite au Burundi. Mais nous sommes restés en contact étroit avec le gouvernement du Burundi. Le côté positif, c’est que les discussions aujourd’hui portent plus sur la forme du dialogue et la date pour la prochaine rencontre que sur la nécessité du dialogue. Le gouvernement a accepté qu’un dialogue à l’extérieur du Burundi est nécessaire. Il a fait part de ses inquiétudes, certaines sont compréhensibles, d’autres un peu moins sur la manière dont les choses doivent se passer. Nous avons dit à plusieurs reprises à l’Ouganda comme à la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est que la tenue de ce dialogue était urgente. Parce que de notre point de vue, le temps n’est pas l’allié de la paix au Burundi.

RFI : Le Burundi continue d’envoyer des soldats et des policiers dans les opérations de maintien de la paix. Cela signifie que les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine continuent d’appuyer financièrement le gouvernement. Or, cet argent pourrait servir à la répression.

Ce que nous comprenons de l’article 96 [des accords de Cotonou, NDLR], c’est que l’Union européenne ne pourra plus financer le gouvernement du Burundi. Maintenant, c’est à l’UE et l’UA de voir ce qu’il est nécessaire de faire, parce que l’Amisom est une mission importante. Mais nous avons effectivement entendu des inquiétudes exprimées quant à la présence de ces contingents là-bas. 

RFI : Est-ce que vous pensez que c’est réellement possible d’avoir une mission d’enquête indépendante, notamment sur la question des fosses communes et des viols ?

Nous pensons vraiment qu’une enquête neutre est nécessaire, qu’elle soit menée par l’UA ou par d’autres. Mais que cela devrait être couplé avec le fait de rendre des comptes que ce soit pour les crimes commis par un camp ou un autre. Il est très clair que des actes terribles ont été posés par le gouvernement, comme par l’opposition et que cela ne doit pas rester sans suite. L’absence de médias indépendants et de la société civile, à cause des fermetures des médias, des restrictions imposées par le gouvernement, est très inquiétante. Et les efforts du gouvernement pour empêcher les experts de l’UA de se déployer comme ils le devraient sur le terrain… Comme je l’ai dit au gouvernement, quand vous empêchez les gens de voir ce qui se passe sur le terrain, vous ne devriez pas être surpris que les gens se posent des questions sur ce que vous craignez qu’ils découvrent. Donc pour nous, les enquêtes, les poursuites judiciaires contre toutes les parties au conflit et la réouverture des médias sont une urgence.

RFI : A propos de la République démocratique du Congo, vous revenez d’une tournée dans l’est. A Miriki, les casques bleus sud-africains, l’armée et la police sont accusés de n’avoir rien fait pour empêcher un massacre. Est-ce que cela vous inquiète ?

Je crois que c’est toujours important d’enquêter sur ces incidents tragiques. Et ce que je crois comprendre, c’est que la Monusco est en train de le faire. Nous sommes inquiets de la montée des tensions ethniques dans certaines zones de l’est, des tensions qui sont dues en partie aux offensives contre les FDLR et d’autres groupes. Nous pensons que c’est important de connaître les faits et de savoir si certaines choses ont été mal faites. Pour le côté position, il y a des progrès qui semblent avoir lieu sur le plan des opérations conjointes. Je pense que plus les missions de la Monusco, la coopération seront claires, moins il y aura de place pour l’ambigüité sur ce que les casques bleus sont censés faire pour protéger les civils et les actions qu’ils peuvent mener. Mais nous savons que c’est en train d’être examiné.

RFI : Qu’est-ce qui doit être fait selon vous en ce qui concerne le dialogue convoqué par Joseph Kabila et, plus important encore, pour que les élections aient lieu cette année en RDC ?

Je crois qu’avant toute chose, il faut que l’espace d’expression pour les citoyens soit protégé et que le gouvernement a une obligation particulière de permettre aux citoyens de s’exprimer, mais également de le faire sans menaces et intimidations. Nous avons trop souvent vu dans la région que quand les gouvernements essaient de criminaliser leur opposition et de la réprimer fortement, cela est non seulement mauvais pour la liberté d’expression mais pour le gouvernement lui-même. Donc notre message aujourd’hui c’est que, peu importe le processus, que ce soit le dialogue ou d’autres moyens, il faut que cela se déroule dans un environnement sans intimidation. Quand une opposition ne peut pas s’exprimer sans crainte ou par des voies légales, cela devient vraisemblable qu’ils essaient de s’exprimer par d’autres moyens. C’est pourquoi c’est important que le gouvernement, non seulement ne viole pas les droits de ses citoyens, mais de s’assurer de manière proactive qu’un espace d’expression existe et que les droits de l’homme puissent prospérer.

RFI : On entend de plus en plus qu’il pourrait être difficile de tenir les élections dans les délais prévus par la Constitution, notamment à cause de la révision du fichier électoral qui a pris du retard. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’il y a un désaccord sur le sujet. L’opposition croit qu’il existe des sociétés crédibles qui pourraient mener ce travail en six mois. C’est aussi ce qu’on entendait du côté de la Céni [Commission électorale nationale indépendante, NDLR], même si la Céni donne aujourd’hui une autre version à ce propos. Ce que nous croyons, c’est que l’un des moyens de faire baisser la tension aujourd’hui, ce serait de commercer dès maintenant à enrôler les électeurs vu que tout le monde pense aujourd’hui que c’est l’une des opérations qui pourrait prendre le plus de temps.

Mais malheureusement, il n’existe pas aujourd’hui suffisamment de confiance entre l’opposition et la majorité, ce qui empêche toute prise de décision à ce sujet. Nous pensons que c’est primordial de protéger la Constitution. Je pense que certains ont le sentiment que le dialogue en RDC, c’est une tradition qui remonte à l’époque de Mobutu.

Mais le dialogue national, c’était après 40 ans de dictature. Et quand les gens se sont assis à Suncity, c’était après une guerre civile. Et je pense que parfois les gens ne donnent pas assez de crédit à la RDC. C’est une démocratie constitutionnelle. Ce serait vraiment malheureux que les gens remettent en cause tous les progrès accomplis et balaient d’un revers de la main le point auquel les Congolais sont attachés à leur Constitution.

C’est ce que j’entends le plus quand je voyage à l’intérieur du pays, qu’il y avait une raison pour laquelle les gens ont fini par s’entendre et rédiger cette Constitution : ils voulaient mettre toutes ces crises derrière eux, cette époque où tout se décidait par la guerre et les pourparlers de paix, et c’est pourquoi je crois qu’on sent une résistance au sein de la population à l’idée de se démarquer du cadre constitutionnel.

Par Sonia Rolley

 

 


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