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Les groupes terroristes, en Afrique frapperont au-delà du Sahel" Featured

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AA/ Bamako/ Moussa Bolly

Les groupes terroristes en Afrique chercheront à frapper là où leurs actions leur garantissent un retentissement médiatique,c’est-à-dire, au-delà du Sahel, a affirmé dans un entretien avec Anadolu, Soumeylou Boubèye Maïga, coordonnateur d'un groupe d'experts de l'Union Africaine (UA) sur le terrorisme.

"Les groupes vont frapper partout où les cibles semblent accessibles, partout où leurs actions leur garantissent une résonance médiatique importante en ciblant des Occidentaux et partout où ils peuvent toucher les intérêts des groupes qu’ils considèrent comme leurs adversaires", a déclaré Maïga, ancien patron des services des renseignements maliens, et également ancien ministre de la Défense.

Revendiqué par un groupe affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), l'attentat terroriste de vendredi dernier à Ouagadougou obéit à cette logique qui ne date pas d'aujourd'hui.

Maïga rappelle à cet effet la sanglante prise d'otages en janvier 2013 dans le complexe gazier de Tiguentourine, près d'In Amenas, dans le sud de l'Algérie. Cette attaque a constitué la première d'Al-Mourabitoune. L'idée ainsi, pour les groupes terroristes, est de démontrer "une capacité opérationnelle transnationale", qui risque d'aller au-delà du Sahel.

"Il y a, en effet, une volonté d'expansion territoriale des groupes qui veulent transporter la menace du Nord au Sud. Ils veulent progressivement ne plus se limiter à la zone traditionnelle, qui est le Sahel, et démontrer partout qu’ils conservent une capacité d’agir quels que soient les coups reçus lors des opérations antiterroristes."

Au titre de "la capacité opérationnelle transnationale" qu'entendent prouver les groupes terroristes, la Libye, où Daech est présent dans la ville côtière de Syrte, pourrait servir de plateforme d'expansion puisqu'elle "reste un foyer de déstabilisation importante pour le Sahel et même pour l’Europe », selon le coordonnateur.

« Daech peut prendre de revers le Tchad, le Niger. La Libye reste un arsenal à ciel ouvert pour de nombreux groupes terroristes. Beaucoup d’armes qui circulent dans notre région proviennent d’ailleurs de la Libye », a-t-il mis en garde.

Cette expansion s'inscrit, en outre, dans "une rivalité, une compétition, dont malheureusement les Etats et les sociétés sont les cibles, entre Daesh et Al Qaeda."

«Chaque groupe voulant élargir sa base de recrutement et territoriale », poursuit l'expert malien avant de conclure que "ces groupes, qui ne sont pas aussi déconnectés qu’on le croit concernant certaines cibles, vont tenter d’attaquer les différents Etats partout où les cibles semblent plus faciles à atteindre."

L'expansion opère, en outre, qualitativement, puisque "les groupes terroristes sont dans une démarche d'asymétrie, en attaquant les cibles moins bien protégées. Ils ne s’attaquent plus frontalement aux forces gouvernementales, mais ce que nous appelons des cibles molles comme des populations désarmées, des localités moins bien protégées, des espaces publics comme les hôtels", analyse Maïga.

Un tel constat implique des démarches au niveau des Etats, qui "doivent revoir un certain nombre de normes, au moins pour renforcer la sécurité de ces lieux publics." Il y aura, en sus, des décisions indispensables au niveau du G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).

"Techniquement, la coopération doit pouvoir se mettre en place parce qu’il s’agit seulement de s’entendre sur un certain nombre d’éléments pour au moins mettre en commun les informations relatives aux acteurs, les modes opératoires et les itinéraires", prévoit le diplomate malien.

 

Read 13321 times Last modified on jeudi, 21 janvier 2016 06:01

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