Bujumbura accuse Bruxelles Featured

SlideShow Written by  mardi, 20 octobre 2015 00:00 font size decrease font size increase font size
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Après la décision de l’Union Européenne de prendre des sanctions contre certains Burundais, le parti Cndd-Fdd accuse, sans mettre des gants, l’UE de soutenir les putschistes, par une justice dirigée contre des Hutu.

Restriction de déplacement et gel des avoirs. Telles sont les sanctions prises le 1er octobre par l’UE contre quatre Burundais pour implication dans des actes de violence, de répression, ou d’incitation à la violence.

Sur la liste vient d’abord le directeur général adjoint de la police, Godefroid Bizimana (47 ans). Originaire de Mabayi (Cibitoke, nord-est du Burundi), il est accusé d’avoir pris des décisions opérationnelles ayant entraîné un recours disproportionné à la force et des actes de répression violentes à l’égard des manifestations pacifiques qui ont commencé le 26 avril, après l’annonce de la candidature du président Nkurunziza à la présidentielle.

La deuxième personne à être visée est le chef de cabinet police à la présidence, Gervais Ndirakobuca, alias Ndakugarika (45 ans). L’UE l’accuse d’avoir fait obstacle à la recherche d’une solution politique en donnant des instructions ayant entraîné un recours disproportionné à la force, des actes de violence, des actes de répression et des violations du droit international des droits de l’homme à l’encontre des manifestants descendus dans la rue particulièrement les 26, 27 et 28 avril dans les quartiers de Musaga et Nyakabiga à Bujumbura.

L’agent du service national des renseignements, Mathias-Joseph Niyonzima alias Kazungu, est accusé de faire obstacle à la recherche d’une solution politique en incitant à la violence et à des actes de répression pendant les manifestations. Il est aussi accusé d’avoir aidé à former la milice Imbonerakure, à coordonner leurs actions et à les armer, y compris à l’extérieur du Burundi. Cette milice est responsable d’actes de violence, de répression, et de graves atteintes aux droits de l’Homme au Burundi.

Le général Léonard Ngendakumana (47 ans), ancien chargé de mission à la présidence, est responsable d’avoir fait obstacle à la recherche d’une solution pacifique au Burundi en participant au putsch de mai en vue de renverser le gouvernement. Il est responsable d’actes de violence (attaques à la grenade) commis dans le pays. Il est aussi poursuivi pour incitation à la violence. Le général Ngendakumana a publiquement déclaré qu’il approuvait la violence en tant que moyen d’atteindre les objectifs politiques.

L’UE contre les Hutu, mais pour les putschistes…

Dans une déclaration du Cndd-Fdd datant du 3 octobre, et lue par son porte-parole, Gélase Ndabirabe, le parti présidentiel s’indigne que les commanditaires (des Tutsi, ndlr) des manifestations « féroces et insurrections jusqu’au putsch manqué du 13 mai 2015 ayant exposé les enfants de moins de 18 ans (…) pour qu’ils commettent l’irréparable et ayant commis des actes à la limite génocidaires n’ont été inquiétés par personne jusqu’aujourd’hui. »
Le Cndd-Fdd ajoute que la plupart, si non la totalité, de ces faiseurs de malheurs sont logés et nourris par certains pays de l’UE. Le parti présidentiel affirme que « des pays européens, aujourd’hui, assurent la protection de ces différents responsables ayant échoué à l’insurrection et au putsch pour montrer à qui veut voir que l’UE a réussi l’exfiltration de ces agents après l’échec de la mission qui leur avait été confiée. »

Cette déclaration du parti au pouvoir indique que ces sanctions de l’UE, prises à la veille d’un dialogue national inclusif, ne visent qu’a le saboter. Car, poursuit-il, les décideurs de l’UE visaient le renversement des institutions et la mise en place d’un gouvernement de transition qui aurait permis à certains pays de l’UE de faire main basse sur les richesses du pays. Le Cndd-Fdd met en garde, en soulignant que « cette décision punitive contre certains Burundais (…) est de nature à réveiller les vieux démons n’en déplaise aux preneurs de ladite décision. »


Deux poids deux mesures

Le Cndd-Fdd est revenu sur les dates noires de l’histoire du Burundi, depuis la veille de l’indépendance jusqu’aujourd’hui, ou des tragédies ont été commises sous l’œil indifférent ou complaisant de l’UE. Le parti au pouvoir réaffirme ainsi que l’UE s’est associée aux insurgés pour rejeter la candidature de Pierre Nkurunziza aux élections de 2015 et a regardé d’un œil complice leurs exactions.

Le Cndd-Fdd demande à l’UE de retirer ses sanctions punitives qui visent la division des Burundais. Il lui demande également de « revenir sur sa décision de suspendre les aides destinées au Burundi au lieu de chercher à l’asphyxier comme le souhaite l’opposition radicale. » Le parti présidentiel demande aussi à l’UE de cesser le financement des activités des putschistes abrités dans certains pays de l’UE, mais plutôt de les arrêter et les juger, ou les rapatrier de force pour être jugés au Burundi. Le parti au pouvoir exige de l’Union Européenne de « remettre à l’Etat du Burundi le manque à gagner dû à la suspension des appuis budgétaires alloués au pays qui a provoqué l’arrêt des activités initialement financées. »

Analyse

Un agenda caché ?

Ce n’est pas la première fois que des ténors du Cndd-Fdd utilisent un discours ethniste, qui semble être aujourd’hui leur seule ressource mobilisatrice, en accusant implicitement les Tutsi d’être responsables des malheurs du Burundi.

Quant à s’attaquer ouvertement à l’Union Européenne, c’est un manque d’analyse et de tact diplomatique. L’UE a sanctionné des autorités qui ont agi de façon contraire aux principes démocratiques, entre autres le respect des droits de l’homme, prônés par cette organisation, qui en avait déjà averti Bujumbura. Logiquement, même si l’UE joue peut-être une carte géopolitique ou géostratégique, il est clair qu’elle n’a pas besoin de soutenir pour autant les Tutsi ou les Hutus du Burundi. Cette condamnation vise donc, elle aussi, à raviver la haine ethnique.

Cette réaction prouve à suffisance l’autoritarisme des seigneurs du Cndd-Fdd, entraînant une perte de sens politique. La suspension ou pas de l’aide de l’UE était conditionnée par la gouvernance de ce régime. Au lieu de se complaire dans son rôle de victime, le gouvernement devrait respecter les exigences de l’UE. Mais il semble plus préoccupé à se maintenir au pouvoir contre vents et marées, en prenant, s’il le faut, en otage une population qu’il est chargé de servir et de protéger.

Hier c’était le Rwanda, aujourd’hui c’est l’Union Européenne. Bujumbura semble chercher un bouc émissaire. Aujourd’hui, les gens parlent de plus en plus d’un agenda caché du pouvoir, qui n’attend qu’une réaction de « l’autre côté » pour être mis en branle. Un agenda qui n’augure rien de bon.

article tiré du Journal IWACU

 
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